Arrivée à Kyoto. Visite du Daisen-in.

Arrivée à Kyoto. Visite du Daisen-in.

Comme promis, voici le premier article de ce voyage au Japon, à la poursuite de l’esprit japonais. Je vous propose deux approches différentes : la première sera un carnet de voyage calque sur mon périple. La deuxième se fera par thématique ou par sujet, au fil des rencontres. Voici donc le premier jour du carnet de voyage.

Vol et arrivée à Kyoto.

Vendredi 5 octobre.

Première escale.

11h54 – Nous venons de décoller de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle pour une première escale à Francfort. Un maigre sandwich-mayo nous est offert, qui n’arrive même pas à la hauteur ni à la dimension des fameux et non moins célèbres sandwichs SNCF, c’est pour dire. En même temps, le vol ne dure vraiment pas longtemps. À peine la distribution des boissons est terminée que nous entamons déjà la descente sur Francfort.

12h30 – Nous atterrissons après un vol sans histoire.

Le long vol.

13h45 – Juste le temps de rejoindre la porte Z62 où le Boeing 747-400 qui doit nous emmener jusqu’à Osaka nous attend. Je m’assois entre un papy à casquette japonais qui lit le journal et une mamy japonaise qui lit un livre. Au bout de la rangée, un troisième Japonais lit aussi. Décidément, je suis tombé dans le coin lecture. Ou bien est-ce parce que ce sont tous les trois des Japonais ? Seraient-ils moins accros aux technologies qu’on ne le pense ? La preuve en est.

L’hôtesse passe dans les allées pour vérifier que tous les volets des compartiments à bagages sont bien fermés.

Les places sont vraiment étroites et il n’y a vraiment aucun espace pour bouger, ni à gauche, ni à droite, à peine 5 cm devant. Il va falloir passer plus de 10 heures dans ces conditions.

C’est parti !

14h12 – Nous commençons à bouger du parking pour aller rejoindre la piste de décollage. Il fait un temps magnifique. Même si je ne vois pas grand-chose à travers les hublots, la lumière est éclatante à l’extérieur de l’avion.

14h25 – Le pilote lance toute la puissance des réacteurs pour propulser cet impressionnant engin, afin d’arriver à faire décoller cette masse impressionnante.

14h29 – Nous avons décollé sans presque une secousse. Nous prenons la direction du Nord-Est. Nous sommes à 9 500 km d’Osaka, notre point d’arrivée et à 10h15 de vol en suivant la voie la plus directe.

14h50 – Après le menu proposé par des « experts de la cuisine japonaise », l’hôtesse distribue une petite serviette chaude.

16h30 – Une petite collation est servie. Je ne sais pas s’il faut l’appeler goûter, compte tenu de l’heure locale de départ, ou dîner compte-tenu de l’heure locale d’arrivée et du contenu. Je n’ai pas le temps de tester le plat. Mon voisin fait remarquer à l’hôtesse que les plats ne sont pas très chauds, qui nous les réchauffe. Au moins, ça fait un peu passer le temps. Cela ne fait que deux heures que nous avons décollé. Il reste donc encore 8h1/2 de vol.

Changement d’heure.

17h00 – Heure locale du départ – 0h00 – Heure locale d’arrivée.

Je me cale au fond de mon siège, une légère couverture sur les épaules, un masque de nuit sur les yeux, et je tente de ne plus bouger et de ne plus penser. Je somnole et dors un peu, mais pas trop.

7h15 – Heure locale du Japon. Nous entamons la descente vers Osaka. J’ai beaucoup discuté avec mon voisin, le papy japonais. Il me raconte qu’il habite Kobe, qu’il a 77 ans et qu’il rentre de la fête de la bière à Francfort. Il enseignait le japonais dans une école. Mais il est maintenant à la retraite. Nous parlons en japonais. Mon niveau de langue est meilleur que le sien en anglais. Il le reconnaît lui-même : les Japonais ne sont pas doués pour les langues. Et la prononciation des langues étrangères comme l’anglais et encore plus le français leur pose de gros problèmes. Il fait également référence à la qualité d’îliens et à l’isolation dû à l’édit de Sakoku évoqué dans les fondements de l’esprit japonais.

Il me demande si je pense que le Japon est un pays dangereux à cause des typhons et des tremblements de terre. Je lui réponds que cela n’est pas mon opinion, même si certains de mes proches et de mes amis se font du soucis pour moi dès qu’ils entendent parler d’un tremblement de terre au Japon, même quand je n’y suis pas ! Il habite seul une petite maison. Et m’explique sans sourciller que sa femme est morte dans le tremblement de terre de 1995. Les Japonais vivent avec ça tous les jours, et pour eux cela ne pose aucune problème. Ils prennent toutes les précautions pour prévenir les risques qu’ils peuvent éviter. Mais ne peuvent évidemment tout maîtriser. C’est certainement une des leçons qu’ils tirent du bouddhisme et que leur rappelle tous les jours la nature éphémère de l’existence : mujo, l’impermanence.

Et cette impermanence peut se révéler aussi bien dans son côté magique avec les fleurs de cerisier, mais du côté tragique avec les typhons et les tremblements de terre.

8h00 – Une petite secousse nous annonce que nous avons atterri sur l’aéroport d’Osaka KIX.

8h35 – Après avoir pris une petite navette, nous faisons la queue à l’immigration japonaise.

En route pour la famille d’accueil.

9h00 – J’ai récupéré mes bagages, passé la douane et me retrouve dans le hall central à la recherche du stand de Yasaki Taxi. L’hôtesse me prévient que je dois attendre d’autres passagers.

10h00 – Nous partons enfin en direction de Kyoto et de ma famille d’accueil que je rejoins aux alentours de midi. Nous faisons les présentations avec Naoko-san. Elle m’explique les règles de la maison. Je prends une douche et me repose un peu.

Premier tour dans la ville.

15h00 – Après une énorme averse, j’emprunte le vélo de Naoko-san pour faire un petit tour des environs. Il fait une chaleur étouffante et lourde, étonnante pour cette période de l’année. Afin d’atténuer une petite faim qui me tenaille, je m’arrête au 7-Eleven du coin pour acheter un onigiri et un mochi à la pâte de haricots rouges, mes en-cas japonais préférés.

Mon sens de l’orientation m’aiguille vers l’ouest et l’entrée du Daitoku-ji où je gare mon vélo.

Les portes de bois servent de délimitation et je pénètre dans l’enceinte qui regroupe de nombreux temples différents. Je passe au milieu de pins et d’arbres magnifiques qui bordent les superbes bâtiments en bois. Mes pas me guident vers le Daisen-in. C’est avec un peu de regrets que je dois laisser mon appareil-photo à l’accueil, en plus des 400 Y représentant le droit d’entrée. Mais la personne de l’accueil se confond avec tant d’excuses que je finis par être gêné d’avoir osé une seconde envisager de faire des photos dans ce lieu magnifique. Il me reste heureusement les mots pour décrire ce que j’ai vu. Et je dois dire que le fait de ne pas être obnubilé par cette volonté de « prendre des souvenirs », nous permet de nous concentrer sur l’instant présent.

Le Daisen-in.

Je passe une petit hall où un moine zen tient le stand de souvenirs, et je tombe sur le jardin sec, celui du fleuve de la vie, où deux tas de cailloux symbolisent les montagnes. Ce jardin, par sa configuration ressemble à celui du Ryoan-ji (ma photo de couverture) dans sa perspective. Mais en plus petit, en plus intime. Il est extrêmement difficile de décrire ce qui se dégage de ce lieu. Un sentiment de plénitude et d’accompli. Comme si en fait l’on était arrivé au bout du voyage et que nous n’avions qu’une seule envie, c’est de rester là.

J’admire l’ordonnancement des pierres dans les autres jardins secs qui font tout le tour de la salle de méditation. Une personne prépare les coussins pour la méditation qui va avoir lieu bientôt. Je me renseigne pour participer et la personne de l’accueil me donne un papier avec un numéro auquel il faut téléphoner pour s’inscrire. Je décide de revenir le lendemain pour faire zazen dans cet endroit magique.

Premier dîner dans la famille.

16h30 – Je reprends mon vélo pour aller jusqu’au bord de la rivière Kamogawa, et revient à ma famille d’accueil.

18h00 – Otôsan (papa, père, en japonais), alias Susumu-san (c’est son prénom auquel on ajoute le suffixe san en forme de politesse) est présent, ainsi qu’un de leur fils avec sa femme et ses deux petits de 3 ans et de 1 an.

Le repas se compose d’un flan aux œufs (chawanmushi) qui entoure du shitake (champignon japonais) et du kamaboko (sorte de surimi) et du poulet, de petites nouilles d’anges avec des beignets d’ailes de poulet en beignets, des pommes de terre trempées dans des épices et une sorte d’omelette aux pâtes, le tout accompagné d’un riz au matsutake (un autre champignon japonais). C’est une cuisine simple, mais excellente. Les enfants mangent aussi. La maîtresse de maison attend que tout le monde ait fini, pour pouvoir manger à son tour.

19h30 – Je vais me coucher épuisé et m’écroule dans mon lit.

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