Dame Tomoe - Femme samouraï (1161-1247)
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Une journée à Kyoto – visite du Nijô-jô et du Shokoku-ji

Récit de voyage au Japon – Automne 2016 – Samedi 22 octobre 2016 – Kyoto.

Voici le récit de notre deuxième jour au Japon avec le groupe Kokyu durant l’automne 2016. Le premier jour a été consacré au voyage, à notre installation dans notre machiya à Kyoto, et à la visite du Kiyumizu-dera, comme je l’ai raconté ici. Lors de cette deuxième journée, nous serons accompagné par un guide japonais francophone, qui nous fera découvrir plusieurs lieux emblématiques de Kyoto : le château Nijô, le Shokoku-ji et les bords de la rivière Kamo. Mais surtout nous aurons la chance d’assister au Jidaï Matsuri, traduit par la fête des âges, qui est un défilé en costume présentant une grande portion de l’histoire japonaise, ainsi qu’à la fête du feu de Kamakura.

Visite du Nijô-jô à Kyoto

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Nous nous réveillons aux alentours de 7 heures. Une partie du groupe va faire des courses et acheter du pain de mie, pendant qu’un autre, dont je fais partie, se rend au supermarché acheter des onigiris, boulettes de riz fourrées. Nous avons rendez-vous avec Taketo-san, notre guide japonais, au Nijô-jô, et partons vers 8 heures 30.

Après l’achat de nos tickets, nous nous réunissons devant la deuxième porte du château de Nijô, qui est en réfection et couverte d’un grand voile.

Puis nous nous retrouvons devant l’autre porte. Taketo-san nous explique la présence d’animaux en décoration, et notamment celles de dragons, motif qu’il porte sur sa veste. Nous faisons une photo de groupe, puis rentrons dans l’intérieur du bâtiment, après avoir retiré nos chaussures. Nous marchons sur les fameux planchers rossignols, qui sifflent si d’éventuels intrus s’introduisent dans les lieux. En effet, de petits clous sont glissés sous les planches et grincent quand les planchent s’enfoncent.

Nous admirons les différentes peintures que nous n’avons pas le droit de photographier. Au début, ce sont des motifs de tigres et de léopards, à l’époque on pensait que le léopard était la femelle du tigre… puis les motifs sont plus calmes au fur et à mesure que nous approchons des appartements du shogun. Des modèles de cires représentent les servantes et ou concubines en tenues de cour, cheveux lâchés ou attachés. Dans l’allée des ministres les motifs des quatre saisons décorent les murs.

La Jidaï-Matsuri – La fête des âges de Kyoto

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Le temps nous manque pour visiter les magnifiques jardins, car Taketo-san préfère privilégier la Jidaï Matsuri, à savoir la fête des âges. C’est un défilé en costume qui retrace tous les épisodes marquant de l’histoire du Japon et de Kyoto. Nous descendons dans le métro à Nijô-jô, pour une ou deux stations afin de ressortir au niveau du parc du palais impérial. Taketo-san sort de sa musette une longue fresque qui représente en réduction tout le défilé de la fête des âges. Nous traversons la moitié du parc, où la foule commence à s’assembler. Le défilé n’a pas encore commencé, mais les acteurs se préparent dans une partie du parc, et nous pouvons les admirer.

Nombreux sont ceux qui se restaurent et prennent des forces avant le long défilé qui les attend, mais les autres posent et se prêtent de bonne grâce au jeu des photographies. Il y a de tout, des samouraïs, des geïshas, des moines shintô avec leurs petits chapeaux plats, des paysans et des paysannes, des gens de la cour. Nous rejoignons le tracé du défilé au niveau de la porte de sortie sud.

Pause déjeuner au nord du Goshô

Nous regardons une partie du défilé, avant de décider de remonter un peu vers le Gosho, à savoir le Palais Impérial de Kyoto. Nous voyons ainsi presque tout le défilé, avant de marcher vers le nord, où Taketo-san nous a dégoté un restaurant sur Karasuma, en face de l’université. Les tables sont grandes, un peu comme dans une cantine et tout le groupe peut y tenir à l’aise tenir. Nous prenons un ticket à la machine au début du self. Taketo-san nous aide pour la traduction, et je prends un curry à la viande… Le plat est très correct pour le prix : 500 Y environ. Nous allons chercher des cafés au comptoir, mais ils sont longs à servir car ils font ça à la demande sur une petite cafetière avec une passoire et de l’eau chaude.

Nous traversons la rue pour tomber sur un petit café. Je demande à Taketo-san si les machines à expresso existent à Kyoto, mais il me répond qu’il n’en connaît pas.

Visite du Shokoku-ji à Kyoto

Jardin sec du Shôkoku-ji
Jardin sec du Shôkoku-ji

Nous arrivons en quelques minutes à peine au Shokoku-ji, temple zen rinzaï, et maison mère des fameux Ginkaku-ji et Kinkaku-ji, à savoir les pavillons d’or et d’argent. Il fut construit en construit en 1383, et reconstruit en 1605, puis en 1807, suite à des incendies. Un immense dragon peint sur le plafond protège maintenant le temple des incendies. Nous faisons le tour du complexe et admirons les jardins, ce qui nous permet de nous reposer un peu.

Les bords de la rivière Kamo

Taketo-san nous fait goûter à un petit bonbon doré. Nous passons devant un immense bâtiment qui abrite la grande cloche du temple, à côté d’une petite fontaine shinto où certains font des ablutions. Nous remontons l’allée piétonne, et croisons une petite rue en travaux, que nous remontons vers la gauche, en direction de la rivière Kamo, sur les bords de laquelle nous nous asseyons quelques instants.

Taketo-san nous joue un petit air d’harmonica sous le regard attentif et concentré de chacun des participants. Nous traversons la rivière sur des petites pierres qui jalonnent le lit. Une drôle de procession se dessine au loin, nous avons du mal à identifier de quoi il s’agit, mais en s’approchant, nous apercevons un groupe de japonais, en train de transporter un drôle de gâteau à la fraise qui fait presque deux mètres de longs.

Montée vers Kamakura

C’est bientôt l’heure où nous devons nous séparer de Taketo-san. Certains d’entre-nous ont décidé d’aller à la fête du feu à Kurama. Les autres vont être aiguillés par Taketo-san pour prendre le métro afin de rentrer à la machiya. Nous ne nous ne doutons pas encore que la longue file d’attente qui s’aligne sur plusieurs centaines de mètres sur la rue juste au niveau où nous sommes est constituée par des personnes qui se rendent également à Kurama, et nous nous engageons dans la station. Nous prenons nos tickets, et c’est là que les préposés nous demandent de remonter la file. Elle redescend effectivement dans le métro, est contrôlée par des barrières, fait plusieurs couloirs, avant de ressortir de l’autre côté de la station. Après une bonne demi-heure, nous accédons finalement au petit train qui est bondé.

La montée demande 30 ou 40 minutes et me paraît durer une éternité. Je suis coincé entre Laurent et un groupe de jeunes gaïjin qui discutent entre eux en anglais, mais qui rassemblent visiblement plusieurs nationalités : il y a des français, des allemands, un half : métis japonais. Je leur demande s’ils connaissent l’horaire du dernier train, mais ils ne savent pas. Cela n’a pas l’air de les préoccuper. Je leur demande alors s’ils comptent dormir sur place, et me répondent que peut-être.

La fête du feu de kamarura

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Nous arrivons aux environs de 19 heures. La nuit est complètement tombée. Nous sortons de la gare et débouchons au niveau de la petite esplanade en face du tengu au grand nez rouge. Une sorte de marée humaine nous bloque au niveau des premières maisons. Nous entendons les vociférations de la police-woman perchée sur un camion un peu entre contrebas, mais au début nous ne voyons strictement rien.

Puis, nous comprenons que la rue est bloquée, et que quelques personnes la traversent au compte-goutte. Nous apercevons des lueurs, de loin, dans la nuit et au travers de la foule. Nous approchons lentement de la voiture de police et traversons la route. De l’autre côté, la foule est canalisée sur le trottoir. Cela n’avance pas et il est assez difficile de voir ce qui se passe. Une haie de policiers bloque la vision et nous demande sans cesse d’avancer.

Une lente procession

Un grand feu est allumé au niveau d’un renfoncement. Des hommes à peine vêtus de pagnes, qui s’appellent des fundoshis, transportent d’immenses torches enflammées. D’autres plus petites sont portées par des groupes d’enfants. Puis tout d’un coup nous bifurquons vers la droite, et nous nous retrouvons sur une petite esplanade, avec une foule de gens. Nous sommes collés les uns aux autres, mais dans une ambiance bon enfant. Personne ne pousse, ne crie, ni ne se sent mal, heureusement, car je ne sais pas comment il aurait été possible d’évacuer quelqu’un.

Nous avançons progressivement sur un petit sentier et faisons connaissance avec quelques étrangers qui se sont perdus ici. Nous discutons en avançant à pas minuscules. Puis nous revenons de nouveau sur la rue principale, juste au dessous de l’endroit où nous l’avons traversée la première fois. Une procession passe devant nous, que j’arrive à peine à photographier entre les policiers. Quelques habitants portent des torches devant un genre de restaurant, et je peux les photographier. Nous progressons lentement. Il doit être aux environs de 20 heures. Dernières photos, puis nous bifurquons de nouveau vers la gare. Nous patientons de nouveau une bonne demi-heure avant de pouvoir redescendre.

Pause restaurant et retour à la machiya

Puis nous cherchons comment rentrer. Tout d’abord, nous tentons de descendre dans le métro, mais ce n’est pas la bonne ligne. Nous ressortons dans la rue. Alors que nous pensions qu’il n’y a probablement plus de bus, mais nous en voyons passer quelques-uns. Le temps de repérer l’arrêt et nous montons dans un bus qui nous ramène à l’arrêt en haut de Senbon-Imadegawa. Nous redescendons un peu la rue, dans l’espoir de trouver un restaurant encore ouvert à cette heure-ci. Il doit être 21 heures passées.

Nous nous arrêtons devant une petit restaurant, dont les portes sont fermées, mais le patron sort sur la rue et nous invite à rentrer. C’est la fin d’un concert et les gens s’en vont. Une petite scène a été aménagée dans cette salle tout en longueur, avec des tables alignées sur le côté, et une sorte de comptoir à l’autre extrémité, qui donne sur les cuisines. Je conseille un take soba, qui contrairement à ce que je crois, ne sont pas des pâtes aux pousses de bambous, qui se disent takenoko, comme je m’en suis souvenu après. Je prends une soupe de soba. Nous retrouvons les autre à notre machiya.

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