Carnet de voyage

Récit de voyage au Japon – Automne 2016 – Premier Jour

Ce récit de voyage relate le séjour touristique au Japon de quelques membres du club d’aïkido de Melun et de leurs proches, dans les régions du Kansaï et du Kantô, sur l’île de Honshû, l’île principale de l’archipel, durant l’automne 2016. Ce groupe s’est donné le nom de Kokyu, qui signifie le souffle en japonais. L’idée était de pratiquer un peu d’aïkido, mais surtout de visiter le pays, de s’imprégner de sa culture, de ses paysages, de ses temples, de ses coutumes, de ses visages, de ses mets et de ses ambiances. Ce récit de voyage est le reflet des impressions intenses et inhabituelles provoquées par ce pays qui ne laisse jamais indifférent.

Récit de voyage – Résumé de notre itinéraire :

Kyoto : 3 nuits, 3 jours
Tokyo : 2 nuits, 1 journée
Kamakura : 1 matinée
Hakone : 1 nuit, 1 journée
Ise : 1 nuit, 1 journée
Kyoto : 5 nuits, 4 jours
Excursions depuis Kyoto : Nara, Himeji, Hiroshima

Récit de voyage – Premier jour – Jeudi 20 octobre 2020

Aujourd’hui, c’est le grand jour, il faut dire, que cela faisait un certain temps que nous préparions ce voyage au Japon. Nous partions évidemment avec la ferme intention de pratiquer notre sport favori, l’aïkido, puisqu’il prend ses racines dans ce pays du soleil levant. Mais nous ne voulions pas non plus nous priver de visiter et de découvrir le pays.

Je me rends en transports en commun jusqu’à Roissy Charles-de-Gaulle où je dois retrouver le reste du groupe, traînant derrière moi ma grosse valise orange, et portant un gros sac à dos noir.

Enregistrement des bagages

Devant moi, un jeune couple galère avec l’enregistrement d’un sac à dos emballé dans du film plastique, car la machine entièrement automatisée ne veut pas l’accepter. Il passe d’une machine à l’autre, avant qu’une hôtesse vienne l’aider. J’accède enfin aux machines et pose ma valise, qui ne fait que 14 kg, comme je l’avais estimé avant le départ. Je suis content, car ça me laisse de la marge pour le retour par rapport aux 23 kilos autorisés. Et surtout cela ne fait pas un bagage trop lourd à manipuler, pour moi, comme pour les bagagistes.

Nous regroupons la petite troupe. Ce qui fait que nous sommes onze à franchir le sas de sécurité. Le hall d’embarquement est totalement vitré, et ouvert sur les avions des deux côtes. Des fosses au milieu laissent la place à des boutiques sans rompre la perspective. Nous avons un peu de temps avant l’embarquement, et pendant que certains vont prendre un café et un petit déjeuner, je me charge en journaux dans mon sac à dos.

Premier vol

Embarquement à Amsterdam-Schipol

L’embarquement se fait avec un peu de retard, mais nous montons finalement dans l’avion. Nous décollons après avoir attendu le chargement de quelques bagages ayant failli rester sur le tarmac, d’après ce que je comprends des annonces faites en anglais.

L’avion atterrit à Amsterdam-Schipol après une petite heure de vol et nous nous regroupons à la sortie de la passerelle. Nous nous dirigeons vers la zone de transit au travers des grandes allées commerciales, où les boutiques de souvenirs exposent des immenses bulbes de fleurs. Le reste de la troupe nous rejoint au niveau d’un restaurant en libre service dont les grandes baies vitrées donnent sur les pistes. Nous avons le temps avant la suite des formalités et nous nous donnons rendez-vous une bonne heure plus tard, vers 13 heures. Le temps pour certains d’aller déjeuner.

Je prends un jus d’orange, une pomme, et je sors le sandwich que j’avais confectionné le matin. D’autres prennent des salades, je m’assois sur une des tables libres. Derniers appels et textos pour ceux qui sont en international.

Puis rebelote, nous parcourons les longs couloirs jusqu’à l’immigration, puis sommes soumis à une nouvelle fouille de sécurité, et nous devons enlever les ceintures, les pochettes, presque les chaussures. À l’extérieur, un avion coloré d’une compagnie polynésienne du nom d’air câlin attire mon regard. Nous sortons de la partie sécurité, et retrouvons quelques-uns du groupe devant quelques bornes informatiques. Puis nous attendons l’heure de l’embarquement.

Deuxième vol – Amsterdam – Osaka

Nous prenons nos places pour ces longues heures qui vont nous emmener jusqu’à Osaka. Je trouve le temps long. Comme d’habitude, je n’arrive pas à dormir. Je somnole, regarde un ou deux documentaires sur ma tablette. Je prends quelques notes pour mon futur récit de voyage. Nous recevons une petite collation très quelconque à base de poisson.

Je discute un peu avec mon voisin japonais, qui est originaire de Sendaï, près de Fukushima et enseigne à Kobe dans une université féminine. J’avais d’abord compris qu’il travaillait dans la nourriture, et je croyais qu’il faisait de la cuisine, mais c’est en voyant sa carte, (au nom de Prof., Dr. Masaharu Seguchi – Président of Japanese Society for Cereal Scientists KOBE WOMEN’S UNIVERSITY) que j’ai compris qu’il travaillait en fait dans l’agro-alimentaire. Il me raconte son récit de voyage à Lourdes, en France. Il me dit qu’il a perdu sa maison dans les tremblements de terre de mars 2011, mais cela n’a pas l’air de l’émouvoir plus que cela. Son père et sa mère sont encore sur place, à ce que je comprends. Il me confirme qu’il n’a que deux semaines de vacances par an.

Mais il a soixante deux ou soixante trois et est bientôt à l’âge de la retraite. Je lui demande quels sont ses passe-temps ou ses occupations, il me dit que c’est travailler… il a l’air d’être content de discuter un peu avec moi. Il a un anglais correct, et quand je me mets à parler japonais, il se lâche comme si je comprenais tout ce qu’il disait. Je suis vite perdu. Comme il ne me parle pas de sa famille, je pense qu’il est célibataire. Mais non, il me dit qu’il a trois enfants, une fille mariée et deux garçons.

Arrivée à Osaka

La nuit fut courte, d’une part parce que nous avons voyagé vers l’est, et d’autre part parce que je n’ai pas réussi à dormir. Nous avons fait une route très au nord, passant au dessus de la Norvège, mer de Barents, Sibérie, Mongolie, mer du Japon côté ouest de la Corée, en contournant la Corée du nord, puis bifurcation vers Osaka. J’ai du mal à rentrer dans mes chaussures, mais je suis content d’atterrir sain et sauf. Le vol a été très calme, presque aucune perturbation.

Enfin, nous récupérons nos bagages et après les formalités de douanes, nous nous retrouvons dans le petit hall de l’aéroport d’Osaka, que je reconnais facilement. Ma dernière présence ici date à peine de quelques mois, puisque je suis déjà venu en avril en amoureux avec ma compagne. Je me dirige vers le comptoir de MK Shuttle et annonce la présence de notre groupe. Nous embarquons dans nos taxis navettes direction Kyoto.

Arrivée à notre machiya de Kyoto

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Nous débarquons nos bagages et sommes accueillis par une des guides japonaises mandatées par Sophie, qui vient recouvrir l’argent de la course, aller et retour. Puis s’en vont sans autre forme de procès. J’aurais pensé qu’elle nous aurait fait une petite présentation de la ville, du quartier, des choses à visiter, mais rien. Nous ne pouvons intégrer tout de suite nos chambres et posons nos bagages dans première pièce de la machiya, munie d’un petit post-it mentionnant notre nom. L’entrée dans cette maison traditionnelle se fait au moyen de porte coulissante en bois, à peine fermée d’un verrou symbolique.

À l’intérieur, une grande pièce est occupée en son centre par une grande table, sur lequel un présentoir affiche des menus et des guides de la ville. Un espace sur la droite, très encombré est réservé au personnel, et nous apercevons le reste des pièces, à la japonaises, c’est-à-dire surélevée, et bordée d’une grande marche en bois sur la partie qui donne dans la salle à manger. Sur la droite, une sorte de comptoir qui fait toute la longueur de la pièce sur laquelle est posée une grande télévision.

Premier repas traditionnel

Notre hôte, coiffée d’une casquette, nous conseille un petit restaurant traditionnel en sortant deux fois à gauche. Nous nous rassemblons devant, et après un petit conciliabule, nous pénétrons à l’intérieur.

Une partie du groupe s’installe dans la partie fumeur située sur la droite, qui est équipée de tables traditionnelles, c’est-à-dire avec des tatamis, mais avec une petite fosse pour mettre les jambes. Avec les autres, nous nous répartissons sur trois tables dans une grande salle. Je commande un tempura-udon. J’aide un peu les collègues à passer leurs commandes. C’est très bon, et je suis heureux de retrouver les saveurs typiques de cette cuisine japonaise.

Lors de ma visite aux toilettes, j’ai l’impression que la terre tremble légèrement. Je ne sais pas si c’est moi, si c’est la fatigue et les heures d’avion qui me procurent une sorte de mal de terre, si c’est les maisons japonaises qui tanguent sur leurs pilotis, ou si c’est un tremblement de terre comme ils sont fréquents au Japon. Je ne m’inquiète pas outre mesure et rend visite aux autres convives du côté des fumeurs où la fin du repas tire en longueur.

Les ruelles du ninen-zaka et du sannen-zaka

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Ainsi, nous décidons de partir en petit groupe du côté du Kiyomizu-dera. Nous regardons le plan des bus et choisissons le 206, qui n’est pas le plus direct et nous fait passer par la gare centrale, et donc visiter une bonne partie de la ville. Pour la plupart, c’est une première, et j’explique un peu la manière d’utiliser les bus japonais. Nous arrivons dans les petites rues du ninen-zaka et du sannen-zaka, aux environs de 15h30. Il fait encore jour, mais nous traînons dans les ruelles, nous arrêtons à un atelier de poterie, où nous prenons des photos. La luminosité est déjà bien tombée quand nous arrivons au temple. Nous prenons un ticket et admirons la pagode et la vue depuis la terrasse.

Le Kiyomizu-dera

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Des japonaises ou plus probablement des chinoises se selphient en levant une jambe. Nous montons jusqu’aux deux pierres des amoureux, où celui qui cherche un conjoint doit partir de la première pierre et marcher jusqu’à l’autre les yeux fermés.

L’heure est tardive, et les touristes sont relativement peu nombreux. Comme la partie du temple adossée à la colline est en travaux, nous ne pouvons emprunter la coursive qui la longe. Par conséquent, nous descendons directement sur le flanc du bâtiment principal, et admirons les immenses troncs d’arbres qui supportent la terrasse et une partie du temple dans une impressionnante structure enchevêtrée. C’est alors que Conception se joint aux nombreuses personnes qui patientent pour boire l’eau de la source sacrée otowa-no-tari qui donne son nom au temple, censée apporter santé, longévité, et succès dans les études.

Retour à la machiya

Nous redescendons les mêmes ruelles alors que la nuit est tombée, il faut dire qu’il est 18 heures, et que les japonais sont calés sur l’heure solaire, c’est-à-dire que leur midi horaire correspond approximativement au midi solaire. Nous rentrons par un bus plus direct, probablement le 201 ou le 204. Après une bonne douche prise dans la partie sanitaire, qui est à l’extérieur du reste du bâtiment, et avoir un peu installé nos affaires et étalé nos futons dans notre chambre traditionnelle faite d’un simple tatami, nous retrouvons le reste du groupe et allons dîner tous ensemble. Nous tenons à peu près tous dans la salle du fond, traditionnelle, avec quelques places dans une fosse pour mettre les pieds, sauf les places en bout. Ce n’est pas grave, je prends une place au bout et commande une soupe bien grasse avec ce qui ressemble à du canard.

Nous installons nos futons dans une chambre en bout de la machiya, donnant sur une petite coursive, où se trouve un lavabo, qui continue vers l’extérieur et les douches et les toilettes. Je m’endors rapidement après cette très longue journée, puisque je suis resté près de trente heures éveillé

Découvrez la suite avec le 2e jour de ce récit de voyage dans : Une journée à Kyoto – visite du Nijô-jô et du Shokoku-ji.

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